L’allaitement et le lâcher prise

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Abigaëlle et moi avons eu une ”love hate relationship” avec l’allaitement. En effet, dès mon accouchement tout s’est bien déroulé. Trop bien même. Nous étions des championnes et nous avons tout de suite fusionné naturellement. C’était beau et j’aimais ces moments juste elle et moi.

Deux semaines après mon accouchement, j’ai commencé à avoir mal. Très mal même. J’ai commencé à voir des gerçures sur mes seins ainsi que sur les lèvres d’Abigaëlle. Nos moments sont devenus extrêmement inconfortables ou plutôt désagréables. Je souffrais, mais j’avais cette pression en tête de devoir nourrir notre fille. De devoir subvenir à ses besoins. Je ne cessais de me répéter que j’avais vécu pire avec l’accouchement, donc que je devais tolérer et souffrir pour elle. Est-ce vraiment saint de penser ainsi? Je ne crois pas.

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C’est en discutant avec ma marraine d’allaitement Julie, de La Brigade Familiale qui était aussi notre accompagnante à la naissance, que j’ai réalisée qu’il fallait aussi que je pense à moi. À nous, Abigaëlle et moi. L’allaitement c’est supposé être un merveilleux moment mère/fille et non un instant de souffrance. Je n’avais plus les mêmes sentiments de bonheur en allaitant que j’avais suite à mon accouchement. D’autant plus que dû à la douleur, je me sentais vraiment juste comme une machine. Une vraie vache laitière. J’accomplissais mon rôle de maman comme un robot. Je ne pensais plus à moi, mais plutôt juste à elle, ce qui est loin d’être négatif et plutôt dans la normalité, mais j’accomplissais le tout sans réel bonheur.

Ça faisait exactement 18 jours que j’avais l’impression de juste changer des couches, donner le sein, laver ses vêtements et couvertures, en plus de l’avoir dans les bras la majeure partie du temps. J’avais de la difficulté à prendre du temps juste pour me laver, manger et boire, mais surtout dormir (c’est quoi ça dormir haha). Mes besoins ne comptaient plus, ce n’est qu’elle qui importait. Je passais mes journées en pyjama avec mon chignon sur la tête et j’avais vraiment l’impression de me laisser aller et j’ai même eu peur de faire une dépression post-partum.

C’est là qu’on réalise à quel point juste prendre 5 minutes pour se laver et 1 minute pour appliquer du mascara sur mes cils me font me sentir bien. Me sentir femme. C’est stupide peut-être, mais ça fait tellement du bien de prendre le temps. Et ce n’est loin d’être stupide de prendre soin de soi, bien au contraire, et c’est dans ce genre de situation qu’on le réalise davantage. C’est pourquoi je me compte privilégié/chanceuse d’avoir mon homme à la maison pour prendre soin d’Abi quand maman a besoin de moment pour elle.

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C’est donc après 18 jours sans sortir de la maison que mon copain m’a dit, juste après avoir allaité Abigaëlle et pendant qu’elle dormait, de sortir de la maison. Ce que j’ai fait? J’ai été acheter un tire-lait. Bon. Je sais que plusieurs diront que c’est très tôt pour tirer son lait lorsqu’on allaite, mais on a fait un test. On s’est dit qu’on allait essayer avec Abigaëlle comment ça irait et ça a tout de suite bien marché. Dès cet instant, c’était comme une petite victoire de me dire que j’allais pouvoir sortir de la maison quelques heures sans problème et que papa allait pouvoir donner le boire à Abi pendant mon absence. Sans oublier que j’allais pouvoir dormir un peu plus la nuit et que Dany pourrait donner un biberon une fois de temps en temps pour me permettre de récupérer. Bien évidemment, pour nous ça a fonctionné, mais je suis consciente que ce n’est pas le cas pour tout le monde.

Comme ma marraine d’allaitement me l’a bien mentionné, quand l’allaitement n’est pas bien installé, aussi tôt dans sa vie de nouveau-né, bébé peut ne pas faire la différence entre le biberon et le sein et ainsi ne plus vouloir reprendre le sein après avoir bu au biberon. Il faut donc que vous y pensiez bien avant de l’insérer dans votre vie. Par contre, physiquement et mentalement, j’avais besoin de m’aérer l’esprit, de juste sortir prendre un café, de changer d’air, voir des gens, me promener pour penser à moi et à autre chose qu’Abigaëlle. Encore une fois, ce n’est pas négatif, il est tout à fait normal et c’est vraiment le plus grand défi auquel j’ai dû faire face suite à l’accouchement. Ça et la vie de couple, mais ça on s’en reparlera haha.

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Cette étape avait aidé beaucoup, mais il y avait encore un problème. J’avais tout de même encore des gerçures et Abigaëlle aussi. Une fois de plus, suite aux conseils de Julie, de La Brigade Familiale, j’ai été voir Marie-Laurence, ostéopathe mais aussi spécialiste en lactation. Il y avait, en effet, quelque chose qui clochait et c’était le palais d’Abigaëlle qui faisait que son mouvement de langue n’était pas correct et donc qu’elle ne tétait pas bien. Comme les nouveaux-nés sont très malléables, j’ai été très surprise qu’après un rendez-vous ou plutôt quelques minutes à peine notre problème était réglé.

C’est à partir de ce moment que j’ai ré-appris à aimer ces moments entre elle et moi de nouveau. Que nous avons reconnecté et qu’on vivait pleinement ces instants fusionnels. L’allaitement est un sujet très tabou et je crois que je ne comprendrai JAMAIS pourquoi. Selon moi, c’est la chose la plus naturelle qui soit et c’est de la beauté pure entre une mère et son enfant. L’allaitement c’est inexplicable comme sentiment et ça permet à une mère d’avoir l’impression de revivre quelques émotions qu’elle ressentait lorsque bébé était à l’intérieur d’elle. Du moins c’est ainsi que je le vie.

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Abigaëlle et moi avons eu une ”love hate relationship’‘ avec l’allaitement. Mais depuis peu on savoure à nouveau ces instants (dans tous les sens du terme haha)!

Photos par Valérie Gay-Bessette Photographie

Chloé Dumont est une jeune rouquine qui se passionne par tout ce qui se rapporte à la mode et à la beauté. Également passionnée par les voyages, son but est de parcourir le monde et de vous faire découvrir les tendances qu'on y retrouve! Suivez-là également sur les réseaux sociaux afin de découvrir qu'elle sera sa prochaine destination! Êtes-vous prêt à faire partie du voyage?

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